Restaurants et bars (ERP de type N) : classement, effectif et points de vigilance incendie
Restaurants, brasseries, bars : comment se classe un ERP de type N, comment compter l'effectif depuis 2022, et ce qu'il faut vérifier en cuisine et en salle.
Par Rayan Chaara · Fondateur de Cindra
6 min de lecture · 13 octobre 2026
Restaurants, brasseries, bars, salons de thé : dans le portefeuille d'une entreprise de maintenance incendie, ce sont souvent les clients les plus nombreux et les plus petits. Ce sont aussi des sites où le risque est concentré : cuisson, gaz, friture, salle pleine le samedi soir.
Le règlement de sécurité les range dans une famille précise, le type N. Bien la connaître permet de poser les bonnes questions dès la première visite, et d'éviter de proposer trop ou pas assez à l'exploitant.
Classer un restaurant : type N
Le type N regroupe les restaurants et les débits de boissons. Leurs règles particulières figurent dans le règlement de sécurité contre l'incendie et la panique, aux côtés des dispositions générales. Le type décrit l'activité ; la catégorie, elle, dépend de l'effectif reçu.
Selon les notices publiées par les services de prévention, un restaurant passe au-dessus de la 5e catégorie dès qu'il dépasse l'un de ces seuils :
- plus de 100 personnes en sous-sol ;
- plus de 200 personnes en étages ;
- plus de 200 personnes au total.
En dessous, il relève de la 5e catégorie, comme la grande majorité des restaurants de quartier. Pour un site donné, partez toujours du classement indiqué sur le dernier procès-verbal de la commission de sécurité ou sur l'arrêté d'ouverture.
L'effectif compté sur les places assises
Le calcul de l'effectif a changé en 2022. Un arrêté du 7 février 2022 permet de déterminer l'effectif d'un restaurant en ne prenant en compte que les zones de restauration assise. Il peut être fixé par déclaration du maître d'ouvrage ou du chef d'établissement, qui précise la capacité maximale par niveau.
- avec déclaration : le nombre de places assises déclaré, dans la limite d'une personne pour 2 m² ;
- sans déclaration : une personne par m² de zone de restauration assise.
L'objectif affiché était de faire basculer de nombreux restaurants de la 4e à la 5e catégorie. Conséquence pratique : un établissement qui a refait sa déclaration peut avoir changé de catégorie, donc d'obligations. Demandez le document à jour plutôt que de vous fier à l'ancien classement.
Le piège : la terrasse et le bar debout
Une salle déclarée en places assises qui se transforme en bar debout les soirs de match ne reçoit plus le même public. Si l'usage réel s'écarte de la déclaration, le classement ne colle plus. Signalez-le par écrit à l'exploitant, sans trancher à sa place : c'est à lui et, le cas échéant, à la commission de sécurité d'en décider.
Cuisine et gaz : les zones à risque
En type N, la cuisine concentre l'essentiel du risque. Le premier repère est une puissance : quand les appareils de cuisson totalisent une puissance utile supérieure à 20 kW, la cuisine relève des dispositions sur les grandes cuisines du règlement de sécurité. Un restaurant qui ajoute une friteuse ou un four peut franchir ce seuil sans s'en apercevoir.
Pour les ERP de 5e catégorie, l'arrêté du 1er décembre 2025 a par ailleurs formalisé la vérification périodique des installations techniques, au plus tous les trois ans. Elle porte notamment sur le chauffage, l'électricité, le gaz, les appareils de cuisson et les circuits d'extraction de l'air vicié. Vérifiez le texte applicable à chaque établissement.
Ce que le prestataire regarde
À chaque passage dans un restaurant, quelques points reviennent systématiquement :
- des extincteurs adaptés aux risques présents, dont un appareil approprié aux feux d'huiles et graisses de cuisson près des postes de friture ;
- des extincteurs accessibles, ni masqués par un meuble de service ni déplacés en réserve ;
- l'équipement d'alarme correspondant au classement, et son fonctionnement ;
- l'éclairage de sécurité de la salle et des circulations, souvent gêné par les décors ;
- des dégagements libres : tables ajoutées, chaises empilées et livraisons posées devant une issue sont des classiques ;
- le registre de sécurité, à jour des vérifications et des entretiens de hotte.
Ces sites sont nombreux et se ressemblent, mais aucun n'a exactement le même parc. Dans Cindra, la fiche de chaque site garde son type, sa catégorie et son inventaire d'équipements, ce qui évite de repartir de zéro à chaque visite ou de confondre deux établissements d'un même client.
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Questions fréquentes
Un restaurant est-il forcément un ERP de 5e catégorie ?
Non. Selon les notices des services de prévention, un restaurant dépasse la 5e catégorie au-delà de 100 personnes en sous-sol, 200 en étages ou 200 au total. La majorité des restaurants de quartier restent toutefois en 5e catégorie. Le classement officiel figure sur le procès-verbal de la commission ou l'arrêté d'ouverture.
Comment se calcule l'effectif d'un restaurant ?
Depuis l'arrêté du 7 février 2022, seules les zones de restauration assise peuvent être prises en compte. L'effectif est soit le nombre de places assises déclaré, dans la limite d'une personne pour 2 m², soit, sans déclaration, une personne par m² de ces zones.
À partir de quand la cuisine d'un restaurant est-elle une grande cuisine ?
Lorsque les appareils de cuisson totalisent une puissance utile supérieure à 20 kW. La cuisine relève alors des dispositions sur les grandes cuisines du règlement de sécurité, plus exigeantes.
Les petits restaurants doivent-ils faire vérifier leurs installations techniques ?
Oui. Pour les ERP de 5e catégorie, l'arrêté du 1er décembre 2025 a formalisé une vérification périodique des installations techniques, au plus tous les trois ans, qui inclut notamment le gaz, les appareils de cuisson et l'extraction.
Cet article a une vocation informative et ne se substitue pas à la réglementation en vigueur ni à l'avis d'un professionnel qualifié. Les périodicités et obligations peuvent varier selon le type d'établissement et les textes applicables. Une erreur, une évolution de texte ? Signalez-le, nous corrigeons et datons la mise à jour.