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Bois et matériaux biosourcés en ERP : ce que change l'arrêté du 19 février 2026

6 min de lecture · 23 juillet 2026

C'est une petite révolution dans le règlement de sécurité des ERP. Publié au Journal officiel le 22 février 2026, l'arrêté du 19 février 2026 modifie l'arrêté du 25 juin 1980 pour ouvrir la porte au bois et aux matériaux biosourcés en structure d'établissements recevant du public — sous conditions strictes. Au passage, le texte fait évoluer la philosophie même de la réglementation : moins de prescriptions figées, plus de démonstration de performance. Voici ce qu'il faut retenir, côté exploitants comme côté entreprises de protection incendie.

La fin du réflexe « tout incombustible »

Historiquement, la structure d'un ERP devait rester incombustible : le bois structural y était l'exception. L'arrêté du 19 février 2026 met fin à ce principe général. Bois massif, lamellé-collé, CLT et autres matériaux biosourcés deviennent utilisables en structure, à condition de démontrer que le niveau de sécurité reste équivalent : protections passives dimensionnées, justifications techniques au dossier, et vérifications dans le temps. L'objectif affiché n'est pas d'abaisser les exigences, mais de les rendre compatibles avec les techniques de construction contemporaines.

Ce que le texte change concrètement

L'arrêté remanie en profondeur les dispositions générales du règlement de sécurité :

  • un nouvel article GN 16 introduit des définitions structurantes : bois massif, panneau de bois massif non délaminant, protection contre le feu indissociable, paroi à ossature, mezzanine, combles… ;
  • les articles CO 6 à CO 59 sont revus : isolement par rapport aux tiers, résistance au feu des structures, façades, locaux à risques, conduits et gaines, escaliers et espaces d'attente sécurisés ;
  • de nouveaux articles AM 1-1 à AM 1-4 encadrent les matériaux d'aménagement ;
  • le texte poursuit l'harmonisation avec les classifications européennes (Euroclasses) en complément des classements M historiques.

Des conditions strictes pour le bois en structure

Le principe retenu est celui de la protection passive renforcée : la structure combustible doit être protégée (encapsulation, écrans thermiques) de façon à rester sous un seuil d'échauffement — un ordre de 250 °C est évoqué dans les premiers décryptages — pendant toute la durée de stabilité au feu exigée. Ces protections doivent être tracées dans les dossiers de sécurité de l'établissement et vérifiées périodiquement. Autrement dit : le bois est permis, mais il se mérite, étude d'ingénierie et justificatifs à l'appui. Pour les cas particuliers, vérifiez toujours le texte applicable à votre type et à votre catégorie d'établissement.

Un nouveau point de contrôle est né

Dans un ERP à structure bois, l'état des protections passives (encapsulation, flocages, écrans) devient un point de vérification à part entière, au même titre qu'une porte coupe-feu. Une protection dégradée ou percée lors de travaux, et c'est la démonstration de sécurité de tout le bâtiment qui est fragilisée.

Le calendrier : cap sur le 1er juin 2027

Pas de panique pour l'existant : ces dispositions s'appliqueront aux opérations dont les demandes d'autorisation de travaux sont déposées à partir du 1er juin 2027. Les établissements existants restent régis par les règles actuelles tant qu'ils n'engagent pas de travaux concernés. Ce délai laisse aux maîtres d'ouvrage, bureaux de contrôle et entreprises le temps de monter en compétence. Il s'inscrit dans une actualité réglementaire déjà chargée : depuis le 1er janvier 2026, un plan d'intervention doit être affiché à l'entrée des ERP de 5e catégorie, et depuis le 1er juillet 2026, le registre de sécurité doit intégrer les justificatifs des solutions d'effet équivalent.

Ce que ça implique pour les pros de la protection incendie

Pour les entreprises de maintenance et de vérification, cette réforme prépare l'arrivée d'un nouveau parc : des ERP bois, avec des exigences documentaires renforcées. Concrètement : des points de contrôle supplémentaires dans les tournées (état des protections passives), des observations à tracer avec photos, et des dossiers de sécurité plus fournis à tenir à jour. Les outils métier qui rattachent chaque vérification, rapport et justificatif au bon site — comme le fait Cindra — deviendront d'autant plus utiles que la charge documentaire augmente.

Le conseil pour les mois à venir : suivre les publications d'application, sensibiliser les équipes terrain aux spécificités des structures bois, et intégrer dès maintenant ces futurs points de contrôle dans vos gammes de vérification.

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Questions fréquentes

Le bois est-il désormais autorisé dans tous les ERP ?

Il devient utilisable en structure, mais sous conditions strictes : protections passives dimensionnées, justifications techniques au dossier et vérifications périodiques. Les modalités dépendent du type et de la catégorie d'établissement : vérifiez le texte applicable à votre situation.

Qu'est-ce que l'approche « performantielle » introduite par la réforme ?

Au lieu d'imposer uniquement des prescriptions figées (matériaux incombustibles, solutions types), la réglementation admet qu'on démontre par l'étude que le niveau de sécurité visé est atteint. En contrepartie, les exigences de justification et de traçabilité sont renforcées.

Mon ERP existant est-il concerné par l'arrêté du 19 février 2026 ?

Pas directement : les nouvelles dispositions s'appliquent aux opérations dont les demandes d'autorisation de travaux sont déposées à partir du 1er juin 2027. Un établissement existant reste soumis aux règles actuelles tant qu'il n'engage pas de travaux concernés.

Qu'est-ce que ça change pour une entreprise de maintenance incendie ?

À terme, de nouveaux points de vérification : l'état des protections passives des structures bois (encapsulation, écrans) s'ajoutera aux contrôles habituels, avec une exigence de traçabilité accrue dans les dossiers de sécurité et le registre de l'établissement.

Cet article a une vocation informative et ne se substitue pas à la réglementation en vigueur ni à l'avis d'un professionnel qualifié. Les périodicités et obligations peuvent varier selon le type d'établissement et les textes applicables.