Délais de paiement et impayés : relancer ses clients sans perdre le contrat
Par Rayan Chaara · Fondateur de Cindra
6 min de lecture · 25 septembre 2026
60 jours, 45 jours fin de mois, pénalités et indemnité de 40 € : les règles entre professionnels et avec les acheteurs publics, et une méthode de relance simple.
Les extincteurs sont vérifiés, le rapport est signé, la facture est partie. Et puis rien. Pour une entreprise de maintenance incendie, l'impayé ne vient presque jamais d'un client de mauvaise foi : il vient d'une facture bloquée dans un circuit de validation, d'un syndic qui attend l'accord du conseil, d'un bon de commande manquant. Connaître les règles et relancer avec méthode suffit à régler l'essentiel, sans abîmer une relation qui dure souvent des années.
Les délais que la loi autorise
Entre professionnels, l'article L. 441-10 du Code de commerce encadre le délai de paiement. Le contrat ou les conditions générales peuvent le fixer, mais dans certaines limites.
- Sans stipulation particulière : 30 jours après l'exécution de la prestation.
- Délai convenu : 60 jours maximum à compter de la date d'émission de la facture.
- Alternative possible si elle est prévue au contrat : 45 jours fin de mois à compter de la date d'émission de la facture.
- Un délai plus long imposé par le client n'est pas valable, même s'il figure dans ses conditions d'achat.
Écrivez le délai dans le contrat de maintenance et répétez-le sur chaque facture, avec la date d'échéance calculée. Une échéance lisible évite la moitié des « on ne savait pas ».
Pénalités et 40 € : dus d'office
Passé l'échéance, deux sommes sont dues au fournisseur, sans qu'un rappel soit nécessaire. Elles doivent figurer sur la facture et dans les conditions générales.
- Des pénalités de retard, au taux prévu par les conditions générales, qui ne peut pas être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal ; à défaut de taux prévu, c'est le taux de refinancement de la BCE majoré de dix points.
- Une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € par facture payée en retard.
- Une indemnisation complémentaire peut être demandée sur justificatif si les frais réels de recouvrement dépassent ce montant.
Dans la pratique, beaucoup d'entreprises ne les réclament jamais, pour ne pas froisser un bon client. C'est un choix commercial légitime. Mais les faire figurer sur la facture reste utile : elles rappellent que l'échéance compte, et vous gardez la possibilité de les appliquer au client qui paie systématiquement avec trois mois de retard.
Le public paie à 30 jours
Mairies, écoles, collectivités, établissements publics : la commande publique a ses propres règles, fixées par le Code de la commande publique. Le délai de référence est de 30 jours à compter de la réception de la demande de paiement pour l'État et les collectivités territoriales ; il est plus long pour certains acheteurs, comme les établissements publics de santé. Vérifiez celui qui s'applique à votre acheteur.
- Le retard fait courir des intérêts moratoires de plein droit, au taux de la BCE majoré de huit points.
- Il ouvre aussi droit à l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.
- La facture doit porter les références attendues par l'acheteur, faute de quoi elle peut être rejetée et le délai ne court pas.
Le piège : la facture rejetée sans bruit
Un numéro d'engagement ou une référence de marché manquant, et la facture est rejetée sur la plateforme de l'acheteur. Personne ne vous appelle : c'est à vous d'aller voir son statut. Une facture publique non suivie peut dormir des semaines avant qu'on s'en aperçoive.
Relancer sans se fâcher
Une relance efficace est régulière, factuelle et prévisible. Le client doit comprendre que le suivi est automatique, pas personnel.
- Quelques jours avant l'échéance : un rappel courtois, facture jointe, pour débloquer les validations en attente.
- Juste après l'échéance : une relance qui demande si la facture a bien été reçue et à qui l'adresser si ce n'est pas le bon interlocuteur.
- Quelques semaines plus tard : un appel, puis une relance écrite qui rappelle les pénalités prévues.
- En dernier recours : une mise en demeure par écrit, avant toute procédure de recouvrement.
Joignez à chaque relance le rapport d'intervention signé. C'est souvent lui qui débloque le paiement : le gestionnaire qui valide la facture veut la preuve que la prestation a été faite.
Les impayés qu'on peut éviter
- Facturer vite : une facture émise le jour de l'intervention part avant que le client ait oublié la visite.
- Demander le bon de commande ou la référence de marché avant l'intervention, pas après.
- Avoir le bon destinataire de facturation pour chaque site, distinct du contact sur place quand c'est le cas.
- Pour les contrats annuels, fixer au contrat le moment de la facturation, pour qu'elle ne soit jamais une surprise.
Le suivi des encours est la partie la moins visible de la gestion, et celle qui pèse le plus sur la trésorerie d'une petite entreprise. Dans Cindra, chaque facture porte son échéance et son statut, et la vue trésorerie montre ce qui est en retard, client par client.
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Questions fréquentes
Quel est le délai de paiement maximum entre professionnels ?
Le délai convenu entre les parties ne peut pas dépasser 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit expressément. En l'absence de stipulation, le délai est de 30 jours après l'exécution de la prestation.
L'indemnité de 40 € est-elle due automatiquement ?
Oui : entre professionnels, tout retard de paiement rend le débiteur redevable de plein droit d'une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, en plus des pénalités de retard. Elle doit être mentionnée sur la facture. Libre à vous de la réclamer ou non selon la relation avec le client.
Un client peut-il imposer un délai de 90 jours dans ses conditions d'achat ?
Non, entre professionnels, les délais fixés par l'article L. 441-10 du Code de commerce sont des plafonds. Un délai plus long ne devient pas valable parce qu'il figure dans les conditions du client. En cas de doute sur un contrat particulier, faites vérifier la clause.
Que faire si une collectivité paie en retard ?
Commencez par vérifier sur sa plateforme de facturation que la facture n'a pas été rejetée pour une référence manquante. Si elle est bien acceptée et que le délai est dépassé, les intérêts moratoires et l'indemnité forfaitaire sont dus de plein droit : vous pouvez les réclamer au service comptable de l'acheteur.
Cet article a une vocation informative et ne se substitue pas à la réglementation en vigueur ni à l'avis d'un professionnel qualifié. Les périodicités et obligations peuvent varier selon le type d'établissement et les textes applicables. Une erreur, une évolution de texte ? Signalez-le, nous corrigeons et datons la mise à jour.