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Classes de feu A, B, C, D, F : choisir le bon extincteur pour chaque risque

Solides, liquides, gaz, métaux, huiles de cuisson : quel extincteur pour quelle classe de feu, les erreurs fréquentes et comment adapter le parc d'un site.

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6 min de lecture · 28 octobre 2026

Avant de saisir un extincteur, une seule question compte : qu'est-ce qui brûle ? Un extincteur efficace sur un carton peut être inutile sur une friteuse, voire aggraver la situation. C'est tout l'intérêt des classes de feu.

Pour une entreprise de maintenance, c'est aussi un sujet de conseil. À chaque visite, on ne vérifie pas seulement que l'appareil fonctionne : on vérifie qu'il correspond au risque du local où il est accroché. Voici les repères à avoir en tête.

Les 5 classes de feu en bref

La norme NF EN 2 classe les feux selon la nature du combustible. Chaque extincteur indique sur son étiquette les classes pour lesquelles il est conçu, sous forme de pictogrammes.

  • Classe A : feux de solides, qui font des braises (bois, papier, carton, textiles).
  • Classe B : feux de liquides ou de solides liquéfiables (essence, alcool, solvants, goudron).
  • Classe C : feux de gaz (méthane, butane, propane).
  • Classe D : feux de métaux (magnésium, aluminium en poudre, sodium…).
  • Classe F : feux d'huiles et de graisses de cuisson dans les appareils de cuisine.

Le feu d'origine électrique n'est pas une classe à part. On parle plutôt de risque électrique : un feu qui démarre dans une armoire reste un feu de classe A ou B, mais avec un équipement potentiellement sous tension, ce qui change le choix de l'appareil.

Quel agent pour quel feu

Chaque agent extincteur agit à sa manière : refroidir les braises, étouffer la flamme, ou couper la réaction. D'où des usages différents.

  • Eau pulvérisée avec additif : la base pour les feux de classe A, et souvent B selon les modèles. C'est l'appareil courant des bureaux et des circulations.
  • Mousse : classes A et B, adaptée aux locaux où des liquides inflammables sont présents.
  • Poudre polyvalente (ABC) : couvre A, B et C, mais salit beaucoup et gêne la visibilité dans un local fermé.
  • CO2 : classe B et risque électrique. Il ne laisse pas de résidu, d'où son usage près des tableaux électriques et des salles serveurs. Peu efficace sur les braises d'un feu de classe A.
  • Poudres spéciales : seules adaptées aux feux de métaux (classe D), avec une poudre choisie selon le métal en cause.
  • Agent spécifique classe F : conçu pour les huiles de cuisson, il forme une couche qui étouffe le bain d'huile.

Jamais d'eau sur une friteuse

Projeter de l'eau sur une huile en feu provoque une projection violente d'huile enflammée. En cuisine professionnelle, l'extincteur classe F a une raison d'être : vérifiez qu'il est bien présent près des friteuses et que le personnel sait lequel prendre.

Les erreurs vues sur le terrain

La plupart des écarts ne viennent pas d'un appareil défectueux, mais d'un appareil mal placé. Le local a changé d'usage, l'extincteur est resté.

  • Un seul type d'appareil partout, alors que le site comporte une cuisine, un local électrique ou un stockage de produits inflammables.
  • Un extincteur à eau comme seule protection à côté d'un tableau électrique.
  • Une poudre ABC dans une salle informatique, là où un CO2 limiterait les dégâts.
  • Un atelier qui usine des métaux sans appareil à poudre spéciale.
  • Un feu de gaz attaqué sans pouvoir couper l'arrivée : l'extinction seule ne règle rien tant que le gaz fuit.

Adapter le parc d'un site

Le socle réglementaire est connu. Dans les lieux de travail, l'article R4227-29 du Code du travail prévoit au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres minimum pour 200 m² de plancher, avec au moins un appareil par niveau. Il demande aussi des appareils appropriés aux risques particuliers. Dans les ERP, le règlement de sécurité fixe ses propres règles selon le type d'établissement : vérifiez le texte applicable.

C'est sur ces risques particuliers que le technicien apporte de la valeur. Au passage annuel, faites le tour des locaux avec une question simple : ce qui brûlerait ici, l'appareil le plus proche sait-il l'éteindre ?

  • Repérer les locaux à risque : cuisine, chaufferie, local électrique, stockage, atelier, salle serveurs.
  • Comparer les pictogrammes de l'appareil en place avec la nature du risque.
  • Noter l'écart dans le rapport, avec le local et la solution proposée.
  • Chiffrer le complément ou le remplacement, pour que le client puisse décider vite.

Un écart bien décrit et chiffré tout de suite a plus de chances d'être corrigé qu'une observation perdue au milieu d'un rapport. Avec Cindra, le technicien peut transformer l'observation relevée sur place en devis, rattaché au bon client et au bon site.

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Questions fréquentes

Un extincteur à poudre ABC suffit-il pour tout un site ?

Il couvre les classes A, B et C, mais pas les métaux (D) ni les huiles de cuisson (F). Il salit beaucoup et réduit la visibilité dans un local fermé. Pour les locaux électriques ou informatiques, un CO2 est souvent préféré. Le choix dépend de l'évaluation des risques de chaque local.

Existe-t-il une classe de feu pour les feux électriques ?

Non. Le feu d'origine électrique relève des classes A ou B selon ce qui brûle. On parle de risque électrique : l'étiquette de l'extincteur précise s'il peut être utilisé sur un équipement sous tension et dans quelles conditions.

Pourquoi un extincteur classe F en cuisine professionnelle ?

Parce que les feux d'huile de cuisson réagissent violemment à l'eau. L'agent classe F est conçu pour étouffer le bain d'huile sans projection. Il complète les autres appareils de la cuisine.

Combien d'extincteurs faut-il dans des bureaux ?

Le Code du travail impose au minimum un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres pour 200 m² de plancher, et au moins un par niveau. Des appareils adaptés aux risques particuliers, comme le risque électrique, viennent en complément.

Cet article a une vocation informative et ne se substitue pas à la réglementation en vigueur ni à l'avis d'un professionnel qualifié. Les périodicités et obligations peuvent varier selon le type d'établissement et les textes applicables. Une erreur, une évolution de texte ? Signalez-le, nous corrigeons et datons la mise à jour.